Camp: Notes on Fashion

Camp: Notes on Fashion est la dernière exposition du Met qui retrace les origines du mouvement Camp de la Cour de Versailles à nos jours.

ECRIT PAR
PUBLIÉ LE
ECRIT PAR
PUBLIÉ LE
TAG
PARTAGER

Qu’est-ce que le Camp ?

Le mot est tiré du français « se camper » faisant référence aux poses exagérées et appuyées que prenaient les comédiens de Molière et les courtisans du Roi Soleil.
Le terme Camp est pourtant peu utilisé en France et on le confond souvent à tort avec le Kitsch.
La meilleure définition que l’on peut lui donner est indéniablement un passage extrait de l’essai « Notes on Camp » écrit par Susan Sontag en 1964 :

L’essence du Camp réside dans son goût pour le non-naturel : l’artifice et l’exagération. Le Camp met tout entre guillemets.

Concept insaisissable, le Camp se révèle être une esthétique complexe qui remet en question le statu quo.

« En gros, nous passons du Roi Soleil aux Drag Queens. »

Anna Wintour, rédactrice en chef Vogue US


Quand le Camp s’invite au MET

L’essai de Sontag a servi de point de départ au MET qui a construit son exposition autour de cette étude.
Y sont exposés plus de 250 objets et tenues datés du XVIIe siècle à nos jours et qui retracent l’histoire de ce mouvement.
On peut y voir entre autre, le tailleur flamant rose de Schiaparelli ou la robe cygne portée par Björk.

Andrew Bolton, conservateur du MET, défini cette exposition dont il est également le commissaire comme une exploration de l’excès, du pastiche et de l’artifice.

L’influence Camp est toujours très présente dans la pop culture et la mode, on la retrouve notamment dans les défilés Moschino par Jeremy Scott ou les collections de Gucci qui est d’ailleurs sponsor de l’exposition.
La scénographie a quant à elle été imaginée par Jan Versweyveld, metteur en scène de la pièce Lazarus de David Bowie.


Le Camp est partout

Comme l’écrivait Sontag, il n’y a pas une seule vision du Camp. Selon elle, le Camp est une façon de voir le monde qui relève du phénomène esthétique et qui se révèle au travers d’objets certes mais aussi de personnes. Ainsi, films, romans, chansons mais également meubles, vêtements et personnalités incarnent le Camp.

« L’art Camp est, le plus souvent, un art décoratif qui met plus particulièrement en valeur la forme, la surface sensible, le style, au détriment du contenu. »

Quelques référence culturelles et icônes Camp :
Barbarella, film de 1968.
The Rocky Horror Picture Show, Comédie musicale de 1975.
Priscilla folle du désert, film de 1994.
Liberace, pianiste.
Cher, chanteuse.
Lady Gaga, chanteuse et actrice.
Gretta Garbo, actrice.
Bette Davis, actrice.

Pour aller plus loin :
– Notes on Camp, Susan Sontag
– Second Manifeste Camp, Patrick Mauriès.

« Tout l’intérêt du Camp consiste à détrôner le sérieux. Le Camp est joueur, anti-sérieux. »

Susan Sontag, Notes on Camp, 1964.


À propos de l’Institut du Costume du MET et d’Andrew Bolton

La collection de l’Institut du Costume du MET représente plus de 33 000 costumes et accessoires. Cinq continents et sept siècles de vêtements et accessoires pour hommes, femmes et enfants, du XVe siècle à nos jours.
Le Gala du Met est la principale source de financement annuel pour les expositions, les acquisitions et les améliorations des immobilisations du département. Chaque mois de mai, le gala célèbre l’ouverture de l’exposition de printemps. Sous la direction de sa conseillère et marraine Anna Wintour.

Andrew Bolton a organisé certaines des expositions les plus visitées du MET, notamment Alexander McQueen: Savage Beauty (2011), China: Through the Looking Glass (2015), Manus x Machina (2016) et Heavenly Bodies (2018).
Avant de rejoindre le Met en 2002, il a travaillé pendant neuf ans au Victoria and Albert Museum de Londres.

CAMP : Notes on Fashion, du 9 mai au 8 septembre 2019
Metropolitan Museum of Art
1000 5th Avenue
New York, USA

Source et médias : Metropolitan Museum of Art

© 2019 Bonaveri France. Tous droits réservés.
Retour haut de page